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Copel - Cobes

Collectif des praticiens de la parole - Collectief voor het Behoud van het Spreken
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Ça, c’est le bouquet !

Peter Decuyper

C’est devenu une habitude. Chercher le dimanche matin des pistolets frais chez le boulanger et emporter le journal gratuit ‘De Zondag’. Aujourd’hui, le 4 décembre 2016, je feuillette ce journal et me heurte à une interview (p. 6) de la présidente d’Open VLD, Gwendolyn Rutten, où elle fait la guerre contre l’infantilisation. Oui, vous avez bien lu, l’infantilisation. Elle annonce qu’elle va écrire un essai sur ce thème et que l’Open VLD va organiser fin 2017 un grand Congrès de la liberté.

Eh bien, chers amis de COPEL/COBES, je propose, le temps venu, de participer à ce congrès. Peut-être faut-il tous ensemble se procurer une carte de membre de l’Open VLD ? Nous pouvons alors demander à l’Open VLD de respecter notre liberté, notre liberté d’accueillir avec grand soin et partant d’une éthique bien réfléchie les personnes qui souffrent psychiquement, sans que le gouvernement y intervienne avec ses logiques économiques et son idéologie de management.

Dans cette interview, Mme Rutten exprime son indignation concernant « la pression chez certains pour régler, infantiliser, interdire ». Il est évident qu’elle s’adresse ainsi aux autres partis pour critiquer les idées et les mesures des ministres qui n’appartiennent pas à l’Open VLD. Son indignation est donc très sélective.

Chère Madame Rutten, quand je lis votre interview, je ne cesse de penser à la politique de votre Ministre Maggie De Block. Au rythme rapide d’un laminoir, elle restreint à la fois la liberté du citoyen individuel et celle des professionnels des soins de la santé mentale. Je ne reprends ici que quelques exemples des nombreuses nouvelles règles et interdictions que De Block introduit :
- Le citoyen n’aura plus la liberté de choisir son ‘psy’ et de choisir un psy qui oriente sa pratique selon son propre cadre de référence.

- Les collègues qui ont suivi une formation clinique de qualité non universitaire ou qui ne sont pas psychologues ou orthopédagogues, mais qui ont toutefois une grande expérience dans le champ clinique, ne pourront plus travailler de manière autonome et devront se régler sur quelqu’un qui a peut-être beaucoup moins de savoir et d’expérience.

- Les soignants devront subir le carcan Evidence Based qui n’admet que les soi-disant ’bonnes pratiques’ cognitivo-comportementales.

- Les professionnels des soins de la santé mentale devront dans le futur : établir un dossier de patient, avoir une reconnaissance, obtenir un visa, …

- Les professions qui dispensent des soins spécialisés seront obligés de s’engager dans un contrat de collaboration avec un centre des soins de santé mentale.

- Les « Psychologues consultatifs » décideront du genre de traitement qu’un patient devra suivre, de la durée du traitement, etc. Et ce sans tenir compte de l’aspect du transfert qui est si important.

Dites-moi, Mme Rutten, qui fabrique une telle chose ? Nous partageons vivement votre souci quand vous dites : « Nous glissons lentement vers une société où tout est imposé, où les gens n’ont plus de liberté. » Alors, pouvons-nous vous demander de rappeler à l’ordre votre Ministre Maggie de Block ?

« Maggie De Block doit rester en dehors de notre pratique clinique. Au propre comme au figuré. »[1]

[1] Md. Rutten réagit dans De Zondag de 4/12/16 à l’idée de Jo Vandeurzen qui proclamait le jeudi ‘jour de rendez-vous’ pendant lequel les couples prennent du temps l’un pour l’autre : « Jo Vandeurzen doit rester hors ma chambre à coucher. Au propre comme au figuré. »