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Collectif des praticiens de la parole - Collectief voor het Behoud van het Spreken
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Le KCE, école de dressage ?

Geert Hoornaert



Le rapport du KCE Synthèse - Vers un plan intégré d’evidence-based practice en Belgique – Première partie : Plan de gouvernance[1] ne cache aucunement son intention centrale : faire avaler l’idéologie EBP par n’importe quel moyen.

Pour y arriver, il faut obtenir des « modifications de comportement » (p. 8) du peuple psy. La tâche est résumée sans pompe : comment mener le « processus de persuasion » et autres stratégies d’implémentation pour que « l’innovation (l’EBP, sic) devienne la norme » (p. 10) ? Il faut d’abord « implémenter » une croyance dans l’EBP. Pour cela, « il est intéressant de se doter d’une expertise spécifique en matière de modification de comportement » (p. 9) et d’« ajuster constamment les stratégies mises en œuvre » (bid.). Ce qui veut dire, entre autres : former, informer, éduquer, persuader (p.10), induire (p. 15), promouvoir (p. 10). Ou encore prévoir un monitoring des processus de dissémination et d’implémentation (ibid.) en faisant intervenir les outils du change management ou du marketing social (p. 15). Le rapport relève qu’il est « extrêmement important » de ne pas « nuire à la confiance et à l’acceptabilité de tout le système » (p. 11). Mais oui, mais oui…

Le KCE se voue donc à induire et à implémenter une croyance. Il avoue par là que, sous couvert de scientificité, il organise un dressage.
Les « petits coups de pouce » et le « bâton » y ont évidemment leur place. Après les ’clients’ qui s’imaginent ’patients’, c’est au tour des ’prestataires’ qui s’imaginaient psy d’être visés par ce dressage.

« Changer les comportements : d’abord la carotte, ensuite le bâton… »
Engendrer des changements de comportements nécessite parfois de petits coups de pouce. Les stratégies validées recommandant de s’appuyer dans un premier temps sur la motivation intrinsèque des prestataires de soins, en faisant la promotion des atouts de l’EBP de manière à éveiller chez eux une attitude positive à son égard. Ce n’est que dans un second temps que l’on recourra à la motivation extrinsèque, d’abord via des incitants (accréditation, financements spécifiques,…) et seulement en dernier recours en brandissant le « bâton » des contrôles et des sanctions » (p. 10).

Est-ce la science qui parle ainsi ? Non. Les données de la science ne demandent ni adhérence ni obéissance. On ne parle ainsi que lorsqu’il s’agit de faire croire que deux plus deux, cela fait cinq.

[1] Synthèse - Vers un plan intégré d’evidence-based practice en Belgique – Première partie : Plan de gouvernance, juillet 2017 https://kce.fgov.be/sites/default/files/atoms/files/KCE_291Bs_Plan_EBP_Belgique_Plan_de_gouvernance_Synthese_0.pdf